L’ endoscopie bronchique

exploration directe des bronches

fibroscope souple

La fibroscopie bronchique permet d’explorer visuellement les bronches les plus grosses et de faire des prélèvements pour rechercher les maladies bronchiques en particulier les infections et les tumeurs.

Le fibroscope

tumeur dans une bronche principale - 14.4 ko
tumeur dans une bronche principale

Il s’agit d’un système optique en fibres de verre ou d’une petite camera vidéo que le médecin pneumologue descend dans les bronches en passant par le nez ou par la bouche. L’appareil appelé fibroscope se présente comme un tube souple de moins de 5 mm de diamètre (le diamètre d’un crayon) que le médecin dirige avec un système de manettes. Le fibroscope va explorer systématiquement les bronches d’un poumon puis de l’autre. Au-delà la bronche est trop petite pour pouvoir y faire pénétrer un appareil de 5 mm. Mais il existe des fibroscopes plus petits en particulier pour les enfants. Outre le système de vision, le fibroscope comprend une source lumineuse (lumière blanche) pour éclairer les bronches. Des méthodes très récentes utilisent des sources de lumière bleue pour éclairer la bronche et permettent de regarder la bronche en fluorescence. On peut ainsi dépister des lésions invisibles en lumière blanche ! Un petit canal (canal opérateur) est intégré dans le fibroscope et permet d’aspirer les sécrétions ou d’instiller dans les bronches des produits anesthésiques ou des coagulants. On peut aussi injecter par ce canal du sérum physiologique (eau salée) pour "noyer" ainsi une petite zone pulmonaire. Le liquide ensuite sera aspiré et son analyse donnera des renseignements précieux sur l’état du poumon au-delà de la bronche. C’est ce que l’on appelle un lavage broncho-alvéolaire. Par le canal opérateur, on peut glisser aussi des instruments comme un petit écouvillon pour faire un brossage ou une petite pince pour prélever une zone jugée anormale (biopsies). Dans certaines circonstances, on peut même descendre par ce canal des outils pour détruire des lésions et réaliser ainsi une endoscopie thérapeutique. Par exemple une fibre laser ou une sonde de thermocoagulation permettra de réaliser une destruction d’une tumeur par la chaleur alors qu’une sonde de cryothérapie détruira par le froid. On peut même réaliser un traitement par rayons (curiethérapie) dans les bronches ou détruire une lésion par l’effet de la lumière (photothérapie).

Déroulement d’une fibroscopie bronchique :

L’examen se réalise sous anesthésie locale mais dans certaines circonstances, un médicament relaxant peut être proposé. Une anesthésie plus complète administrée par voie intraveineuse (neuroleptanalgésie)supprime le souvenir de l’examen.

Sous anesthésie locale, le malade examiné est le plus souvent assis face au médecin dans un fauteuil. Une pulvérisation d’un anesthésique local de goût amer (identique à celui utilisé par les dentistes) est réalisé dans le nez et la bouche. Ce produit sera aussi appliqué dans la gorge et dans les bronches. Il supprime la toux et la gène douloureuse liée au passage du tube. L’examen dure dix à quinze minutes et est jugé même sous anesthésie locale juste "désagréable". Le fibroscope est introduit par le nez, parfois par la bouche si les narines sont trop étroites. Une certaine gène pour respirer peut apparaître lors du passage des cordes vocales au niveau du larynx. Le désagrément est bref mais nécessite d’être détendu et de respirer calmement. Si des prélèvements sont réalisés , ils sont strictement indolores. La personne examinée doit être strictement à jeun deux heures avant l’examen et le rester deux heures après car l’anesthésie locale va se dissiper lentement et peut favoriser les fausses routes (avaler "de travers"). Il est recommandé de ne pas fumer avant l’examen (24 à 48 h) pour éviter d’irriter plus les bronches ce qui rendrait l’examen plus pénible. Sous anesthésie locale, le retour à domicile peut être immédiat.

carene - 12 ko
carene
reconstruction a partir d’un scanner

Sous anesthésie générale, l’examen est réalisé couché et nécessite la présence d’un médecin anesthésiste. La durée de la période à jeun avant l’examen sera plus longue et le maintien en salle de réveil après l’anesthésie sera nécessaire plusieurs heures. Cette anesthésie est toujours requise pour une endoscopie thérapeutique.

Incidents possibles :

Les accidents graves au cours d’une fibroscopie bronchique sont exceptionnels. La transmission d’une infection d’un patient à l’autre par l’intermédiaire du fibroscope est en pratique exclue par des procédures standardisées de décontamination de l’appareil entre chaque examen, procédures longues et rigoureusement contrôlées . On peut observer par contre parfois après l’examen, une réaction brève avec de la fièvre, une accentuation temporaire d’une toux ou quelques crachements de sang si un prélèvement bronchique type biopsie a été fait.

Dans quelles circonstances un Pneumologue propose une fibroscopie ?

La fibroscopie bronchique est un examen complémentaire des explorations radiographiques. Elle sera utile pour rechercher l’explication d’une toux prolongée, d’une fièvre d’origine respiratoire, d’anomalies localisées de l’auscultation ou de crachements de sang. Devant une radiographie pulmonaire anormale, l’examen permettra très souvent de faire des prélèvements qui apporteront le diagnostic de l’affection.

document de la SPLF (Société de Pneumologie de Langue Française )