CANCER DU POUMON

Chaque année en France, on diagnostique 25 000 nouveaux cas de cancer du poumon. Par ordre de fréquence, c’est le deuxième cancer chez l’homme, après le cancer de la prostate et le sixième chez la femme après les cancers du sein, du côlon-rectum, de l’utérus (col et endomètre) et des ovaires.

Chaque année en France, on dénombre environ 25 000 décès liés au cancer du poumon. En terme de mortalité le cancer du poumon est le cancer le plus meurtrier tout sexe confondu. Avec une incidence (nombre de nouveaux cas par an) identique à sa mortalité, le cancer du poumon reste un des cancers les plus difficiles à traiter. Mais paradoxalement, le cancer du poumon est parmi l’ensemble des cancers celui qui parait le plus facilement évitable et contrôlable puisque sa cause est aujourd’hui bien connue, il s’agit du TABAC.

LA CIGARETTE : CETTE AMIE QUI VOUS VEUX DU MAL.

Le cancer du poumon est une maladie apparue au XXème siècle parallèlement au développement d’une nouvelle forme de tabagisme : l’inhalation de la fumée issue de la combustion du tabac roulé à l’intérieur d’une feuille de papier. La cigarette manufacturée s’imposait au détriment des autres formes de tabagisme aujourd’hui disparues tel que le tabac prisé ou chiqué.

 

Le lien entre cancer du poumon et fumée de tabac a été mis en évidence il y a plus de 50 ans, notamment en Grande-Bretagne où une célèbre enquête a étudié une cohorte de plusieurs milliers de médecins généralistes. Il est apparu très clairement que les médecins fumeurs présentaient un taux de cancer du poumon très supérieur à celui des médecins non-fumeurs. Depuis, de très nombreuses études sont venues confirmer les résultats de cette enquête, si bien qu’on peut dire aujourd’hui que le tabac est le facteur de risque carcinogène le plus étudié et celui dont le rôle dans la cancérogenèse est le moins discutable.


cancer bronchique


Outre le cancer du poumon, la fumée de cigarette est impliquée fortement dans l’apparition des cancers de la bouche, de la gorge, de l’œsophage et de la vessie. Si on ajoute, par ailleurs, que le tabac est responsable d’insuffisance respiratoire chronique grave, qu’il favorise très largement l’apparition de maladies cardio-vasculaires comme l’infarctus du myocarde, l’artérite des membres inférieurs et les accidents vasculaires cérébraux, on peut affirmer qu’un fumeur sur quatre va mourir précocement des conséquences de son tabagisme.

REALITE ET IDEES RECUES

-  1. De tous les modes de tabagisme, la cigarette manufacturée (industrielle) est le plus nocif. La fumée issue de la combustion du tabac de cigare ou de la pipe est très alcaline donc très irritante et par réflexe moins inhalée. De même les cigarettes roulées manuellement sont moins tassées et conduisent également à un risque de cancer du poumon moins important même si dans tout les cas ce risque demeure très nettement supérieur à celui du non-fumeur.

-  2. Le risque d’apparition de cancer du poumon augmente avec la dose de tabac consommé et de façon bien plus importante avec la durée d’exposition au tabac. Ainsi doubler la quantité de tabac fumé va doubler le risque de cancer du poumon mais doubler la durée d’exposition va multiplier le risque par 20. En d’autres termes, il est clairement moins risqué de fumer un paquet par jour pendant 10 ans que de fumer un demi paquet par jour pendant 20 ans, alors que la quantité de tabac consommée est strictement identique.

-  3. L’âge du début du tabagisme est un facteur de risque important, indépendant de la durée d’exposition. Autrement dit, à durée d’exposition égale le fumeur ayant commencé le plus tôt présente un risque de cancer du poumon plus élevé.

-  4. Le risque de cancer du poumon est moindre avec les cigarettes à bout filtre. De même le risque est proportionnel au taux de goudron des cigarettes. Les cigarettes dites « légères » seraient donc moins toxiques à condition de ne pas augmenter l’inhalation de leur fumée, ce qui en pratique est rarement le cas.

-  5. Le tabac blond semble moins toxique que le tabac brun.

INTERET DU SEVRAGE TABAGIQUE.

Comme nous venons de le voir, le principal facteur de risque d’apparition du cancer du poumon est la durée d’exposition à la fumée de cigarette, ainsi l’arrêt du tabac est TOUJOURS bénéfique et ce quel que soit le moment.


Chute du risque de mortalite par cancer du poumon.swf)

Aujourd’hui nous assistons à une augmentation dramatique du nombre de cancer du poumon chez les femmes et les sujets jeunes, si bien qu’en étant schématique on peut dire qu’en 30 ans le cancer du poumon est passé d’une maladie intéressant l’homme âgé (70 ans et plus) à une pathologie du sujet jeune (45 - 65 ans), des deux sexes. Depuis 1999, au Etats-Unis, les femmes meurent plus de cancer du poumon que de cancer du sein. Cette réalité sera, hélas, dans les années à venir celle de la France.

OC